Opium
Fiona Mackay

Opium

Écrire depuis un flux de conscience est finalement dûr à lire. C’est le moment où l’on se découvre vraiment, sans filtre. Pas de faux-semblant. Agir sans se remettre en question,
les tics automatiques font partie du processus.

Réaliser à quel point tu peux être à la fois cruel.le, idiot.e mais pure et infantile.
C’est le moment où tu pénètres le tunnel du full-frontal. Une vraie confrontation.

Ton reflet dans le miroir devient si proche.
Tes yeux rencontrent tes yeux. Ton nez touche ton nez. Tes lèvres sur tes lèvres. C’est dégueulasse. Si près que tu peux sentir ta propre haleine.
Révulsé.e par ta propre odeur qui persiste.
Devrait-elle un jour partir?

C’est fantastique. La présence éternelle de ton égo.
Lire les différents traits fait de toi un narcissique à l’état pur, le désir de ne plus jamais quitter ton propre corps.
J’aime cette affreuse, affreuse brûlure qui pourrait éventuel- lement me marquer à vie.
Ça fait mal, ça pue, ça pique.
Je voudrais ne jamais partir.

Approche toi, assieds, assieds toi. Chante mes louanges,
et perce un trou en moi. Regarde à l’intérieur. Fais-moi hur- ler, je ne peux le faire tout.e seul.e. Donne-moi ta main. Hais-moi, crache-moi dessus. Une odeur répandue sur ton visage. Maintenant, lèches-le, s’il te plaît.

Moi, nu.e, tu n’avais pas demandé ça. Tremble, caressé.e par la peur et giflée par la vulnérabilité. Maintenant, love thy tender.

Sept secondes, le glas va sonner. Retrouve-moi sur les marches de l’église.
Seven minutes in heaven, séquestre-moi dans ton placard, tout en sachant que je suis la clef.

C’était un plaisir de te connaître.
Dieu sait pourquoi les étoiles se sont alignées.

/ Won Jin Choi

06/05/2021 – 28/05/2021 sur RDV

de mercredi à samedi, 14h à 18h
3 rue des pénitents bleus, 13001 Marseille